Extrait de la partie 2 de l’épisode 2 du balado Entre deux maintenances de l’ITMI avec Frédéric Fortin de Minerai de Fer Québec.
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Dans un contexte industriel où les arrêts imprévus coûtent cher et où la pression sur la performance ne cesse d’augmenter, une question s’impose : tous les équipements méritent-ils le même niveau d’attention?
La réponse est non — et c’est précisément là que la notion de criticité d’actifs prend tout son sens.
Comprendre la criticité : bien plus qu’un simple classement
La criticité consiste à évaluer l’importance relative des équipements en fonction de leur impact potentiel sur les opérations. On ne parle pas seulement de probabilité de panne, mais aussi de ses conséquences :
- Sécurité des travailleurs.
- Impact environnemental.
- Pertes de production.
- Coûts de réparation.
- Réputation et conformité.
Un actif critique n’est pas forcément celui qui brise le plus souvent, mais celui dont la défaillance coûte le plus cher ou met le plus à risque.
À quoi sert concrètement la criticité?
Mettre en place une analyse de criticité permet de passer d’une maintenance réactive à une approche stratégique et structurée.
Concrètement, elle sert à :
- Prioriser les interventions : intervenir au bon endroit, au bon moment.
- Optimiser les ressources : temps, budget, main-d’œuvre.
- Réduire les arrêts imprévus.
- Aligner la maintenance avec les objectifs d’affaires.
En bref, c’est un outil décisionnel puissant.
Fiabilité et criticité : un duo indissociable
La criticité est étroitement liée à la fiabilité des actifs.
Plus un équipement est critique, plus il doit être fiable — ou du moins maîtrisé.
Cela implique :
- Une meilleure connaissance de ses modes de défaillance.
- Une surveillance accrue (inspection, vibration, thermographie, etc.)
- Des stratégies d’entretien adaptées.
On ne gère pas un actif critique comme un actif secondaire — et c’est exactement le but.
Des programmes d’entretien adaptés aux équipements critiques
Une fois les actifs critiques identifiés, il devient possible de mettre en place des programmes d’entretien plus robustes, par exemple :
- Maintenance préventive optimisée.
- Maintenance prédictive (basée sur les données).
- Inspections plus fréquentes et ciblées.
- Plans de contingence en cas de défaillance.
L’objectif est clair : réduire au maximum le risque d’arrêt et ses conséquences.
Le rôle clé du GMAO/CRM dans la gestion de la criticité
Les outils numériques comme les systèmes de gestion de maintenance (GMAO) ou CRM permettent de structurer et exploiter la criticité au quotidien.
Ils facilitent :
- La centralisation des données d’actifs.
- L’attribution d’un niveau de criticité.
- La priorisation automatique des bons de travail.
- Le suivi des interventions et des performances.
Sans ces outils, la criticité reste théorique. Avec eux, elle devient opérationnelle.
Priorisation des travaux : de la théorie à l’action
Un des gains les plus immédiats de la criticité est la priorisation des travaux.
Plutôt que de traiter les demandes selon l’urgence perçue ou l’ordre d’arrivée, on peut :
- Classer les interventions selon leur impact réel.
- Éviter de mobiliser des ressources sur des actifs peu critiques.
- Réagir plus rapidement sur les équipements stratégiques.
Résultat : une maintenance plus cohérente, plus efficace et mieux alignée avec les enjeux de production.
Comment utiliser la criticité au quotidien?
Pour tirer pleinement profit de la criticité, il ne suffit pas de faire une analyse une fois — il faut l’intégrer dans les pratiques :
- Attribuer un niveau de criticité clair à chaque actif.
- Lier la criticité aux règles de priorisation.
- Adapter les stratégies d’entretien en conséquence.
- Mettre à jour régulièrement les évaluations.
- Former les équipes à son utilisation.
La criticité devient alors un réflexe organisationnel, et non un exercice ponctuel.
En conclusion
La criticité des actifs n’est pas qu’un concept théorique : c’est un levier concret pour améliorer la fiabilité, optimiser les ressources et réduire les risques opérationnels.
En comprenant quels équipements comptent vraiment — et pourquoi — les organisations peuvent passer d’une maintenance subie à une maintenance maîtrisée, proactive et performante.
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